Kizuna pour Tôhoku

07 octobre 2013

Hopes & Bravery in Miyagi's fields : documentaire sur la Côte du Tohoku, 2 ans après le tsunami.

Après "Ce Japon qu'on aime tant et qui nous le rend si bien" (voir chronique) Guillaume Tauveron nous offre un nouveau documentaire (diffusé en version intégralement gratuite sur internet) que ce blog ne pouvait pas passer sous silence, qu'on en juge... 

Ce documentaire donne la parole à des habitants de la côte Est du Japon et plus précisément de la préfecture de Miyagi (capitale Sendai, région du  Tohoku), terriblement touchée par le tsunami qui a suivi le tremblement de terre du 11 mars 2011. Qu’ils soient pêcheurs, agriculteurs ou chef d’entreprise, leurs paroles nous permettent de comprendre la situation des habitants de cette côte meurtrie, deux ans après la catastrophe destructrice et meurtrière.

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Aucun sensationnalisme ni sensiblerie déplacés, juste des mots simples prononcés avec une pudeur naturelle et un optimisme désarmant. Le tsunami est passé par là, mais la raison de vivre reste la même. Que ce soit les paroles du pêcheur qui dit « Lorsque je pêche, je ressens une sorte d’accomplissement » ou celles de l’agricultrice qui affirme « pour les tomates, de la graine à la plante puis de la plante au fruit, toutes les étapes sont appréciables », elles auraient pu être prononcées avant le tsunami… Mais deux ans après ce désastre, elles ont une toute autre résonnance, pleine de sagesse et d’espoir.

Chacune des personnes interviewées a vécu le tsunami de près, victime directe ou indirecte de la vague qui a dévasté les ports et villages de la côte. Elles nous parlent de la vague, mais aussi du froid terrible et meurtrier qu’elles ont subi pendant plusieurs jours.

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En quelques instants, leur vie a basculé ce 11 mars 2011. Certains ont perdu leur maison, leur outil de travail, des amis ou des membres de leur famille…  Le directeur du journal « Ishinomaki Hibi Shimbun » nous raconte comment, alors que son atelier fut détruit, il continua à diffuser son journal en le réalisant à la main… [voir article dans ce blog : Ishinomaki Hibi Shimbun: 6 exemplaires "à la main"].

Les pêcheurs, les agriculteurs, tous les travailleurs ont pensé que tout était fini…

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Et pourtant, en repartant de zéro, la reconstruction a commencé.  C’était même plus dur que de repartir à zéro, car il a fallu parfois raser ce qui tenait encore debout mais ne pouvait plus être utilisé, nettoyer les terres stérilisées par le sel de mer et polluées par les produits chimiques issus des usines dévastées, reconstruire les parcs à huitres, etc.

 « Ce ne sont pas seulement les forts et les sages qui survivent, mais ceux qui arrivent à s’adapter »… Les habitants du Tohoku nous montrent dans ce film leur force d’adaptation. Ces habitants de Miyagi n’ont pas attendu l’aide de l’Etat pour réagir, car celle-ci est venue bien tard et reste parcimonieuse… Ils se sont pris en main, avec un grand élan de solidarité simple et naturelle, sans tapage, entre les sinistrés eux-mêmes mais aussi grâce à l’aide individuelle de personnes venant du reste de la préfecture de Miyagi, du Japon et même de l’étranger.

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Le film nous montre un fonctionnaire de la préfecture de Miyagi qui, conscient de la lourdeur et de la lenteur de l’administration japonaise, a créé une ONG (Five Bridge) permettant d’organiser avec efficacité l’aide des bonnes volontés individuelles des habitants de Sendai et de Miyagi. Un ostréiculteur nous rappelle que, si dans les années 70 la culture de l’huitre en France a été sauvée par des naissains venant de Miyagi, c’est aujourd’hui l’ostréiculture de Miyagi qui  a reçu en retour une aide des ostréiculteurs Charentais [voir sur ce sujet le reportage France 3 : okaeshi ].

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Deux  ans après le tsunami, « il reste beaucoup de chemin à faire »… Les huitres réimplantées n’ont pas encore atteintes une taille commercialisable, et les terres agricoles n’ont été réhabilitées que dans une très faible proportion. Mais là encore, une agricultrice de Miyagi nous donne une clé pour comprendre ce qui fait le courage des sinistrés : « Quand les gens commencent à se plaindre ils n’arrêtent plus ».  Et plus loin : « si c’est une épreuve qui m’a été donnée et qu’elle est surmontable, il  n’y a pas de raison que je dépende des autres ». Ceux qui reconstruisent le tissu économique et social ont une forte conscience que ce qu’ils font est fondamental pour faire revenir ceux qui n’ont pas eu d’autre choix que de quitter de la région.

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Il faut attendre les deux tiers du documentaire pour que le problème de la radioactivité soit évoqué, ce qui correspond à une réalité sur place : l’enjeu majeur et urgent est de rétablir les infrastructures permettant à la population de vivre, économiquement et socialement. La radioactivité issue de la catastrophe de Fukushima (située dans la préfecture voisine) est évoquée comme une gêne à la reprise économique : les produits de la pêche ou de l’agriculture de Miyagi sont parfois interdits à la vente, mais même déclarés sains suite aux contrôles effectués, ils sont toujours suspects aux yeux des consommateurs Japonais, et encore plus aux yeux des étrangers. Les habitants de Miyagi ressentent cela comme une injustice contre laquelle leur courage et leur détermination ne peut pas grand-chose.

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Agriculteurs, pêcheurs, industriels, journalistes et restaurateurs espèrent cependant que leur région retrouvera une vie normale, et même que leur génération qui a tout repris à zéro soit « le commencement d’autre chose ». L’industriel du poisson rêve que sa marque soit un jour reconnue comme un gage de qualité, l’agricultrice veut devenir un modèle, le producteur de sake veut que son produit soit renommé, le pêcheur souhaite transmettre son savoir à la prochaine génération, le producteur de fraises espère que sa ville retrouvera une vitalité attrayante.

Chacun d’entre eux, avec modestie mais conscience de l’importance de son rôle dans la société, nous donne une grande leçon de Courage et d’Espoir, loin de toute polémique stérile.

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Alors oui, ce documentaire est parfaitement réalisé et nous permet de toucher de très près la réalité de la Côte du Tohoku, deux ans après le tsunami du 11 mars 2011.

Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur  http://www.youtube.com/watch?v=LKRW_yAWYqo&feature=youtu.be et de consacrer 28 minutes de votre temps à regarder ce magnifique et passionnant documentaire réalisé par Guillaume Tauveron, disponible en intégralité et gratuitement sur internet.

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Le 7 octobre 2013,

Oriibu

 

références:

Hopes & Bravery in Miyagi's fields :  Documentaire sur les agriculteurs de la préfecture de Miyagi dans le Tohoku, 2 ans après le tremblement de terre et le tsunami du 11 Mars 2011.

Réalisateur : Guillaume Tauveron

Producteur : Yoshimitsu Homma (Izanami Inc)

Co-producteur : Claude Yoshizawa

 

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29 mai 2013

2 ans après le tsunami, ne pas oublier Tohoku

  

Cela fait maintenant plus de 2 ans que le terrible tsunami du 11 mars 2011 a ravagé la côte Est du Japon, dans la région du Tohoku suite au séisme de magnitude 9. Il y a un peu plus d’un an, j’écrivais un article intitulé « Penser à Tohoku » … Aujourd’hui, j’écris « Ne pas oublier Tohoku »…

En effet, les choses ont bien évolué depuis 2011, mais les effets dévastateurs de l’énorme vague meurtrière restent très visibles sur la Côte Est de Sendai et dans le cœur de ses habitants.

Un paysage encore dévasté

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Les millions de tonnes de débris qui étaient encore éparpillés partout ou formaient des andains géants  rassemblés par des centaines de pelleteuses ont presque toutes disparues. Elles ont  laissé la place à de vastes étendues nues où ne poussent difficilement, sur une terre gorgée de sel, que quelques mauvaises herbes. Là où il y avait la ville, il n’y a plus que les parpaings de béton des fondations des maisons, formant des figures géométriques permettant de deviner les pièces de ce qui était des maisons pleines de vie…

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Les débris ont été évacués vers des usines ailleurs au Japon, ou sont traités dans des centres d’incinération flambants neufs et ultramodernes implantés au milieu des zones dévastées. Ca et là, des cimetières de voitures ou de bateaux où s’entassent les carcasses sont toujours là…

La plupart des bâtiments qui avaient résisté au tsunami et tenaient encore debout ont été détruits, car trop fragilisés. A Minamisanriku, une des villes les plus touchées, l’hôpital a été rasé, mais les ruines du Centre de Secours ont été conservées tel un symbole du courage et de l’abnégation. En effet, ce bâtiment a été ravagé par l’énorme vague noirâtre et les pompiers, restés jusqu’au bout pour avertir la population par radio et haut-parleur, y ont laissé pour la plupart leur vie, notamment Miko Endo, jeune femme qui refusa même de monter sur le toit pour continuer à crier dans le haut-parleur qu’il fallait fuir la ville en urgence. L’autel bouddhiste qui a très vite été dressé devant ce qui n’est plus qu’une structure en ferraille tordue est toujours là, visité en permanence par des Japonais qui s’y recueillent en mémoire des disparus.(Voir article « Une héroïne à Minamisanriku » )

 

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A Kesennuma, même constat, il ne reste plus que les fondations des maisons et l’énorme bateau qui a rompu ses amarres le 11 mars 2011 pour aller s’échouer plusieurs centaines de mètres à l’intérieur de la ville, poussé par la vague et broyant tout sur son passage. Lui aussi est conservé comme symbole, pour ne pas oublier.

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 Partout, sur les flancs des collines, les arbres qui restent rappellent la hauteur qu’a atteinte l’eau qui a pénétré dans les terres. En dessous d’une ligne invisible mais très nette, les arbres ont été arrachés ou coupés et emportés par le courant. Les maisons situées au dessus de cette ligne sont intactes, mais en dessous il n’y a plus rien, si ce n’est quelques ruines ou des habitations miraculeusement épargnées mais devenues inhabitables. 

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La reconstruction, l’espoir

Cependant, le balai des pelleteuses continue toujours, mais si certaines d’entre elles ont toujours pour rôle d’amasser les débris, d’autres sont là pour éliminer les fondations des maisons qui étaient dans les zones inondées devenues interdites de toute construction. L’Etat Japonais a en effet défini les zones dorénavant inconstructibles, et est en train de faire réaliser de gigantesques digues (10 à 20 mètres de haut) derrière lesquelles les villes pourront se reconstruire.

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Parmi les centaines de milliers d’habitants qui vivaient ici, certains ont quitté la région, relogés ailleurs au Japon, dans leur famille ou dans un lieu où ils ont pu retrouvés du travail. Mais la plupart d’entre eux vivent encore dans des logements provisoires situés sur les collines, dans des villages préfabriqués de petites maisons modulaires. C’est mieux que rien, mais leur situation est terrible, car à leur perte de maison et leur déracinement, il faut souvent ajouter la perte de travail et d’activité. La plupart vivaient de la mer, étaient pêcheurs ou marins, ou travaillaient dans les industries liées à la pêche, toutes activités qui ont été anéanties et peinent à revivre.

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Pourtant, la vie économique reprend petit à petit. A Watari, quelques maisons flambant neuf semblent sorties de terre, parfois au milieu des zones dévastées, à côté d’une maison en ruine… Ceux qui ont décidé de reconstruire en bord de mer, non protégés par une digue, le font à leurs risques et périls et ne seront sans doute pas assurés en cas de nouvelle catastrophe. Mais comment demander à un pêcheur d’aller habiter à 20 km à l’intérieur des côtes ? 

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Des grues et pelleteuses s’activent pour reconstruire les quais des ports de pêche sur lesquels viennent s’amarrer les bateaux rescapés ou tout neufs. L’activité reprend, des usines ou ateliers rouvrent, en dur ou parfois sous des toiles de tente, pour transformer les produits ramenés de la mer. Fukushima n’est pas loin, alors les poissons sont régulièrement contrôlés, mais heureusement la zone qui est au Nord de la Centrale nucléaire ne connaît pas de problème de radioactivité et les poissons sont sains. Je ne m’étendrai pas plus sur le problème du nucléaire dans cet article car cela n’en est pas le propos, et parce que d’autre part je ne suis pas assez spécialiste dans le domaine pour faire le tri entre les informations alarmistes des pessimistes et les propos rassurants des optimistes, et aussi parce que sur place ce n’est pas, à tort ou à raison, le sujet prédominant.

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Les ostréiculteurs (les huîtres de Sendai sont particulièrement réputées) n’ont toujours pas pu vendre de nouvelles huîtres, car le tsunami a dévasté leurs parcs et il faut au moins 3 ans pour que les naissains donnent  des coquillages commercialisables. Mais ils ont parallèlement des cultures d’algues leur permettant d’avoir un peu d’activité et de rentrée d’argent, malheureusement insuffisante pour reprendre les salariés qui travaillaient pour eux.

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Ca et là, les commerces sont réapparus. Des petits « convenience store » (sortes d’épiceries où l’on trouve de tout), des boutiques et des restaurants ont rouverts dans des préfabriqués, redonnant une vie commerçante et sociale à la population.

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La solidarité»

Après le choc du tsunami, les pertes humaines et le deuil terrible des survivants qui ont quasiment tous perdus des membres de leur famille ou des proches, quelques uns ont pu se reconstruire une vie ailleurs au Japon. Mais beaucoup n’avaient pas cette possibilité ou cette envie, leurs racines et leur vie étant ici, sur la côte de Sendai.

Les assurances et les aides de l’Etat permettent de reconstruire petit à petit les ateliers ou commerces de ceux qui sont prêts à repartir de zéro, courage et optimisme chevillé au corps. De nombreuses grosses entreprises nationales ou internationales apportent leur soutien financier ou logistique pour la reconstruction du Tohoku. Sur la côte, les ostréiculteurs ont été très sensibles à l’aide que leur ont apporté leurs homologues du bassin d’Arcachon. Mais il faudra encore du temps aux artisans, pêcheurs et commerçants pour retrouver un revenu suffisant pour vivre correctement et pouvoir à nouveau embaucher des salariés, aujourd’hui forcés au chômage et à l’inactivité, afin de voir revenir le niveau d’activité que connaissait la région avant.

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Alors, malgré qu’ailleurs, au Japon et dans le monde, la compassion pour les victimes du tsunami s’essouffle un peu, il y a quand même un vaste mouvement de solidarité qui vient les aider. De nombreuses associations se sont implantées pour apporter du réconfort aux populations, notamment en s’occupant des enfants ou des personnes les plus âgées, telle Ichigoko (petite fraise) implantée à Watari, ou en proposant des activités sportives, telle First Ascent Japan. Cette dernière association envisage sérieusement d'implanter le sport de balle à main nue que propose l'association française Frontball dans un but de solidarité et de socialisation des enfants au moyen de la pratique d'un sport simple et peu onéreux.

 

Volontaires pour le Tohoku

Il y a aussi le mouvement connu au Japon sous le nom de « volunteers » : les volontaires. De partout, de toutes les régions du Japon, ces bénévoles viennent consacrer quelques jours à une mission ayant pour but d’aider les sinistrés.

Ces missions sont très variées, selon les besoins et la saison. Nettoyage minutieux des rizières ou des champs, tri des déchets, travaux de peinture ou de maçonnerie, aide au travail chez les agriculteurs ou pêcheurs, etc.

Beaucoup d’associations existent, et toutes fonctionnent à peu près selon le même schéma. Elles sont subventionnées par l’Etat, mais les volontaires doivent quand même participer aux frais de transport en bus et à la nourriture, ce qui montre par ailleurs leur motivation. Le mouvement de solidarité est tel, et/ou les associations pas assez nombreuses,  qu’il faut s’y prendre longtemps à l’avance pour se porter volontaire.

 Alors qu’en décembre 2011 nous n’avions pas pu participer à une de ces missions, faute de place, Yoko et moi avons pu nous engager en Avril 2013 auprès de L.S.A. (Life Support Association of Tohoku Earthquake) pour 2 jours de volontariat.

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Rendez-vous était pris à 23h30 à Tokyo, station d’Akihabara, pour monter dans le minibus qui devait nous conduire en 7 heures de route à Minamisanriku avec la vingtaine d’autres volontaires.  Difficile de dormir dans les fauteuils étroits du bus mais, dès 7 heures du matin, nous arrivions au bureau de l’association où on nous équipa de bottes, de gants et d’un dossard portant le sigle de l’association.

Les tâches du jour sont alors réparties entre les volontaires : un groupe ira repeindre des bateaux tandis que les autres iront chez des ostréiculteurs et pêcheurs pour les aider dans le travail des algues. Nous faisions partie de ce deuxième groupe et nous fûmes donc déposés chez une famille d’ostréiculteurs pour travailler les algues wakame et mekabu pendant 2 jours. L’accueil de la famille, les parents, les deux fils et la grand-mère, fut très chaleureux et ce fut une joie de participer au travail en commun. Le tsunami avait entièrement détruit leur atelier de transformation et était venu jusqu’au seuil de leur maison pourtant située en hauteur. Atelier et bateau détruit, parcs à huîtres et coquilles Saint-Jacques dévastés, c’est avec un courage extraordinaire que le chef de famille a pris la décision de tout reconstruire plutôt que partir.

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Au-delà de l’aide matérielle que nous leur avons apporté (le travail des algues demande beaucoup de main d’œuvre, mais ils n’ont pas encore les moyens d’embaucher du personnel), l’échange humain est peut-être tout aussi important. Je les ai peut être un peu fatigué avec mes questions, mais ils ont sans doute été touchés de voir que, venus de France, nous étions solidaires avec leurs efforts de survie. Les pauses et les repas furent de grands moments de partage.

En fin d’après-midi, le minibus vint nous chercher pour retrouver les autres volontaires et visiter la côte avant un bon bain public réparateur ! Le soir, une réunion permit à chacun d’exprimer, avec sincérité et émotion, les raisons pour lesquelles il était là. Si l’ambiance entre les participants était jusque là assez neutre (on est au Japon), elle se détendit nettement et les sourires et rires heureux illuminèrent les visages des jeunes et moins jeunes volontaires devenus amis.

Le lendemain, nous retrouvions la même famille pour les aider à nouveau, et là aussi je pense qu’une vraie complicité et amitié est née. Comme souvent dans ces cas là, je pense que nous avons plus reçu que donné, et la philosophie de ces habitants de la Côte du Tohoku, tout comme leur courage, est un véritable exemple à suivre. Aussi modeste qu’ait été notre participation à ce mouvement de volontaires pour aider le Tohoku, ce fut un grand plaisir de donner ainsi un peu de notre temps et de notre énergie pour participer au renouveau de cette région et de ces gens meurtris.

 

Ne pas oublier Tohoku

En conclusion, on peut voir que suite au tsunami du 11 mars 2011, les choses sont loin de s’être normalisées sur la Côte Est du Japon, région de Tohoku.  A n’en pas douter, le courage et la détermination de ses habitants permettra de retrouver à terme une situation de vie normale, mais cela demandera encore beaucoup de temps, d’énergie et d’argent.

Si en France on ne peut pas facilement participer de façon pratique, en se portant « volontaire », on peut toutefois les aider financièrement par le biais des nombreuses associations récoltant les dons pour des programmes bien précis. Voir par exemple Japonaide ( http://japonaide.org/ ) qui organise des manifestations pour récolter des dons pour la croix-rouge Japonaise, pour la construction de « Maisons pour Tous », pour un camping vert pour les enfants de Fukushima, etc.

Il faut surtout ne pas oublier Tohoku et garder à l’esprit que, là-bas, rien n’est réglé. Les habitants du Tohoku sont particulièrement sensibles aux gestes de solidarité qui, au-delà de l’aide matérielle, leur prouve qu’ils ne sont pas oubliés.

 

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Sur un cap de la Côte-Est du Japon, le tsunami a épargné ce pin en raison de sa forme de dragon. Il est devenu un symbole de résistance!

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Cette statue de sumotori a été renversée de son piédestal par le tsunami, mais elle a bien vite retrouvé sa place face à l'Océan

 

 le 29 mai 2013, Oriibu

 

Lire aussi: Penser à Tôhoku (Et la côte Est du Japon touchée par le tsunami du 11 mars 2011)

Plus de photos:

Album Photo Côte de Sendai, Avril 2013

Album Photo Côte de Sendai, Décembre 2011

28 janvier 2013

Un Temple a survécu au Tsunami

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Texte de Soho Machida:

『津波で生き残ったお寺から』 

被災地の中でも最多の死者・行方不明者を出した石巻市ですが、その中でも門脇町は壊滅的な被害を受けました。門脇小学校は炎上してしまいましたが、校内にいた生徒たちは日ごろの訓練の賜物もあって、全員、裏山に逃げ助かりました。上級生は恐怖で泣き叫ぶ下級生の手を引いて逃げたそうですが、家族や家を失ってしまった子供たちも少なくありません。その隣にありながら、流れてきた瓦礫がダムになり、奇跡的に無傷で残った浄土宗のお寺に日めくりカレンダー「風の便り」を寄贈しましたが、最近、ご住職から「被災者の間で大好評でした」という連絡を受けました。もったいない話です。

 

A Temple Survived in the Tsunami

Ishinomaki city had the largest number of victims who were killed or lost in the 3/11 disaster among all the regions of Tohoku. Especially, Kadowaki district was totally wiped out by the tsunami, and it is well known that the primary school there was destroyed by the fire of floating houses. However, all the pupils successfully escaped running up the hill behind. Pupils in the upper class held the hands of younger pupils who were crying with the fear. Many of them lost their families and houses, though. A local temple miraculously survived because the wrecks of destroyed houses formed a dam around the temple. I donated a hundred copies of my calendar to the temple priest before, and he recently reported to me that the victims who got them really liked them. I feel a bit of relief.

 

Un Temple a survécu au Tsunami

De toute la région de Tohoku, la ville d’Ishinomaki  est celle dans laquelle on déplore le plus grand nombre de victimes,  décédées ou disparues, suite à la catastrophe du 11 mars 2011. Le quartier Kadowaki  en particulier a été totalement anéanti par le tsunami, et tout le monde sait que son école primaire a été détruite par l'incendie des maisons emportées par les flots. Néanmoins, tous les élèves ont réussi à s'enfuir en courant en haut de la colline juste derrière. Les élèves des plus grandes classes ont pris par la main les plus jeunes enfants qui pleuraient de peur. Malheureusement, beaucoup d'entre eux ont perdu leurs familles et leurs maisons. Un temple de ces lieux a miraculeusement survécu grâce aux épaves des maisons détruites qui ont formé un barrage autour de lui. J'ai fait don d'une centaine de copies de mon calendrier [*] pour le prêtre du temple, et il m’a récemment raconté que les victimes qui l’ont eu entre les mains l’ont vraiment apprécié. Je me sens un peu apaisé.

[*]  [NDLR : il s’agit du calendrier que Soho Machida a réalisé avec un texte par jour, à destination des victimes du Tsunami]

 

Ce texte est extrait des "pensées de Soho Machida" (français : http://sohozen.canalblog.com/ , japonais: http://ameblo.jp/kazenotsudoi/ )

 

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21 janvier 2013

Récital de Piano « Lien-Kizuna »

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Samedi 19 janvier 2013, dans le cadre magnifique du château du Gué-Péan, à Monthou-sur-Cher, s’est déroulé un récital de piano interprété par Chizuko Tokoyo-Mages. La participation financière de chacun des auditeurs enthousiasmés était entièrement destinée à l’association « Lien-Kizuna ».

« Lien-Kizuna » est une association (loi 1901) qui s’est donnée pour objectif de faire venir en France en mars 2013, 20 enfants devenus orphelins suite au tsunami du 11 mars 2011 qui a dévasté la côte Nord-Est du Japon. Ces orphelins (il y en a 1500…) ont évidemment été pris en charge par les associations et familles Japonaises,  mais « Lien-Kizuna » se propose de témoigner de la solidarité des Français envers les victimes du tsunami, et surtout d’agir en proposant donc à quelques enfants de venir passer 9 jours en France, pour découvrir une autre culture et surtout pour « ressentir les amitiés venant de tous les horizons ». Ils seront accueillis par des familles franco-japonaises du Lycée International de Saint-Germain en Laye, et tout un programme d’activité leur permettra d’effectuer des visites (le Louvre, la Seine, Versailles, etc), de suivre des cours et d’assister au festival du Lycée, de participer à des ateliers de boulangerie ou de musique, et surtout de rencontrer des Français de leur âges.

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Cela demande bien sûr une très solide organisation, assurée par l’Association Lien-Kizuna, mais aussi des moyens financiers importants.  Aidée par Air France, le Lycée international de Saint-Germain, l’association Ashinaga, l’Ambassade du Japon à Paris et l’Ambassade de France au Japon, l’association a aussi besoin des dons privés pour boucler le budget. D’où ce concert caritatif du 19 janvier qui sera renouvelé à Paris le 1er Février 2013 (Temple du Luxembourg, 58 rue Madame, Paris 6ème).

La pianiste Chizuko Tokoyo-Mages (études du piano à Tokyo, puis Vienne et Paris, où elle obtint un premier prix de piano au Conservatoire National Supérieur de Musique) est particulièrement concernée par la catastrophe du 11 mars 2011 car elle est originaire de cette région du Tohoku et est même née à Fukushima… Elle a interprété magistralement des morceaux de Schuman, Beethoven, Franck, Chopin, Bach, Strauss, dans le cadre majestueux d’un salon grandiose du château de Gué-Péan. Instant magique !

Il reste une chance de pouvoir assister à ce récital, et il est toujours temps de faire un don à l’association !

Le 20 janvier 2013, Oriibu

PS : prochain récital de piano de Chizuko Tokoyo-Mages: 1er Février 2013, Temple du Luxembourg, 58 rue Madame, Paris 6ème, entrée 15€, Tarif Réduit 10€.

PPS : réservation recitalkizuna2013@gmail.com, chèque à renvoyer à l’ordre de Lien-Kizuna, 11 rue Jacques Prévert, 78860 St Nom La Bretèche.

PPS : l’association « Lien-Kizuna » n’a aucun rapport avec ce site (« Kizuna pour Tohoku »), si ce n’est la volonté de solidarité avec les victimes du tsunami du 11 mars 2011 !

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10 décembre 2012

Sushi Solidaire

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En voilà une bonne idée de cadeau de Noël!!

 

Un magnifique livre contenant 30 recettes de sushi ou maki, composées par 30 grands chefs français: de quoi se régaler chez soi tout en participant à une action d'aide aux victimes du tsunami du Tôhoku en 2011, puisque tous les bénéfices seront reversés à des associations d'aide aux victimes du tsunami. 

Sushi d'huître à la polenta, maki au foie gras teriaki... j'en bave d'avance!

Un livre qui ne peut s'acheter que sur le site de Wasabi, en cliquant sur le lien http://www.wasabi.fr/product.php?id_product=80

 

Père Noël, n'oublie pas mes petits souliers!!

 

ref: Sushi Solidaire, 120 pages, 25€, Ed. Thema Press, vendu sur www.wasabi.fr

 

 

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16 novembre 2012

Maison pour Tous (Minna no ie): appel à la solidarité

50.000€... c'est à la fois une somme énorme à titre individuel et une somme dérisoire à une échelle macro-économique qui permet de perdre ou de gagner en quelques secondes des milliards d'euro...

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C'est pourtant le prix d'une "maison pour tous", une maison qui serait construite  à Rikuzentakata, sur la côte Est du Japon, région Tohoku. Une maison permettant aux sinistrés du tsunami du 11 mars 2011 (ils sont encore plusieurs centaines de milliers à vivre en logements "provisoires") de se retrouver dans un endroit chaleureux et convivial.

Une telle maison pour tous a été construite à Sendaï par l'architecte Itô Toyô à Sendai, avec le soutien de la région de Kumamoto. Elle a été inaugurée à l’automne 2011. En ce lieu, la convivialité permet aux réfugiés et sinistrés de se retrouver et partager leurs projets d’avenir.

Pour qu'une nouvelle "minna no ie" voit le jour à Rikuzentakata, l'association  Japonaide collecte les dons qui seront reversés à Kisyn no kai qui les utilisera pour achever le projet de Rikuzentakata. Au 31 août 2012, 18.000€ ont été collectés!

 

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A l'occasion de la venue du moine zen Soho Machida à Blois le 1er décembre, une collecte sera effectuée auprès des participants à la séance zen, l'intégralité sera reversée à ASS JAPONAIDE.

merci d'avance à tous!

Si vous souhaitez participer directement à ce projet, merci d’adresser un chèque à l’ordre de ASS JAPONAIDE à :

Zoom Japon
Opération Maison pour tous

12 rue de Nancy 75010 Paris 

Merci!

 

le 16 novembre 2012,Oriibu

site Japonaide: http://japonaide.org/2012/02/minnano-ie-fr/

 

 

 

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26 août 2012

Ganbare, Nihon. Ganbare, Tōhoku. N'oublions pas.

Ganbare, Nihon: Tiens bon, Japon

Ganbare, Tôhoku: Tiens bon, Tôhoku

N'oublions pas.


"Comme les fleurs de cerisiers qui fleurissent chaque printemps,

le Japon devient de plus en plus fort".


Ganbare, Nihon. Ganbare, Tōhoku. N'oublions pas.

blog-benenohitorabi

Ce superbe texte et ce magnifique dessin au graphisme très japonais, sont la contribution de la graphiste et blogueuse Bene no Hitoritabi pour le projet "Soutien au Tōhoku" organisé par le site M0shi-M0shi.  

Ce site, constatant comme nous que les médias parlent de moins en moins des suites sur place de la catastrophe du 11 mars 2011, a ouvert il y a quelques mois une page dédié au soutien au Tôhoku, sur laquelle chacun peut déposer un dessin, une photo, une vidéo et un commentaire.

Alors avis aux artistes: à vos pinceaux, planches graphiques ou crayolors!

Oriibu

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08 juin 2012

Lumière de la vie: une chanson pour les victimes du tsunami du 11 mars 2011

Une chanson écrite et interprétée par des bhutanais (?? habitants du Buthan) pour leurs voisins japonais, victimes du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011...

"Light of Life" a été écrite par compassion et amour pour les victimes du tsunami et du désastre nucléaire qui en découla. Tous les bénéfices sont destinés aux survivants.

 

light-of-life

 

Extrait:

" Let us be your rain
Washing away your pain
Together we regain
A little glow of life"

Cette chanson, est vendue par le biais de  iTunesAmazon mp3SpotifyDeezer, Rhapsody etc. depuis Mai 2012!

Alors, amateurs de blues pur et dur, de free jazz, de hard rock ou de hard core, de house ou de rap, de symphonies classiques ou de folk rugueux, oubliez vos préjugés et ouvrez en grand vos oreilles et votre coeur en achetant ce titre pour 0,99€, en pensant que tous les bénéfices iront aux victimes du tsunami et de la catastrophe de Fukushima. Appréciez la mélodie et le rythme entraînants!

En savoir plus: http://the-light-of-life.com/

 


 

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22 avril 2012

Take no kai : maison associative en bambou

Une maison en bambou... une maison de bambou recouverte de toile blanche permettant aux habitants sinistrés de la ville de Kensennuma de se retrouver et de discuter, de maintenir le lien social mis à mal par la catastrophe du tsunami du 11 mars 2011.

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Cette maison, conçue par l'architecte Toki Hirozaku, est une des nombreuses initiatives architecturales que connait la région Tohoku (Nord-Est du Japon) depuis ce tsunami dévastateur.

L'histoire de la construction de cette maison "sociale" est racontée dans Zoom Japon mars-avril 2012, mensuel gratuit distribué à Paris et disponible sur internet à l'adresse http://www.zoomjapon.info/index.php  . Je ne vais donc pas recopier ici cet article, mais il fallait absolument y faire référence dans ce blog "solidarité (kizuna) pour Tôhoku"!!

Il est particulièrement intéressant d'apprendre que ce sont les lourdeurs administratives japonaises qui empêchent ce genre d'initiative de se développer. De même que la volonté rigide d'une parfaite répartition des ressources entre les villes sinistrées empêche de financer tel ou tel projet inovateur...

Le projet Take no kai, la maison associative en bambou, avait de nombreux détracteurs parmi la population locale, mais quand à la fin un des plus farouches opposants au projet, constatant la qualité de la réalisation, affirma que "dorénavant, nous prendrons le plus grand soin de ce bâtiment", ce fut une véritable victoire pour les bénévoles ayant bâti cette maison. Là aussi, une grande leçon de vie à tirer, en opposition au militantisme borné qui sévit parfois sous nos longitudes...

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Magnifique réalisation qui va permettre aux sinistrés de se retrouver dans un lieu de vie, convivial, amical et solidaire.

D'autres projets architecturaux et solidaires se développent dans le Tôhoku, notamment Minna no ie (Une maison pour tous).

Pour cette maison à construire à Rikuzentakata, l'association "Japonaide" (www.japonaide.org) collecte des fonds. Le projet est celui de l'architecte Itô Toyô qui a déjà réalisé une telle maison à Sendaï.

Le don est à faire par chèque à l'ordre de "ASS Japonaide" et à envoyer à : Zoom Japon, Opération Maison pour tous, 12 rue de Nancy, 75010 Paris.  

A bon entendeur, salut!

Oriibu

 

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2012

Ishinomaki Hibi Shimbun, quotidien local d’Ishinomaki (Tohoku) : 6 exemplaires "à la main"

Voici encore une histoire extraordinaire, et totalement réelle, émergeant de la catastrophe du tsunami qui a ravagé la côte Nord-Est du Japon le 11 mars 2011, région Tôhoku.

C’est l’histoire d’un journal local, celui d’Ishinomaki, tirant à 11.000 exemplaires quotidiens.  Cette ville, sur la côte de Sendai (préfecture Miyagi) a été au cœur de la catastrophe du 11 mars 2011, touchée de plein fouet par le tsunami meurtrier.

Ce jour funeste pour la cité de 160.000 habitants (plus de 3000 morts dans la ville, 500 disparus), le bâtiment qui abritait les rotatives permettant de publier le journal fut inondé, rendant inopérant le matériel. L’électricité fut coupée et toutes les machines et ordinateurs furent soudain mis hors d’usage. Les journalistes et correspondants du journal  furent directement touchés, soit parce qu’ils étaient au siège de l’entreprise, soit parce qu’ils étaient en mission dans la région.

 Les premiers durent aller se réfugier sur une colline pour éviter la vague meurtrière, tandis que les seconds connurent des situations parfois bien plus délicates ou périlleuses. Un des correspondants du journal (Kumagai Toshikatsu), en mission sur la côte fut emporté par la vague, d’abord vers les terres et rizières où il faillit se noyer, puis vers la mer où il put grimper sur un petit bateau avant d’être secouru par un hélicoptère…

Les autres journalistes, réfugiés sur une colline et ne pouvant que regarder la vague envahissant leur entreprise, ou ceux en mission soudain coupés de toute possibilité de communication (encerclés par l’eau, téléphones portables muets, bloqués dans les embouteillages,  lumières éteintes) et ne recevant que des informations parcellaires, ne pouvaient pas faire grand chose à l’instant « T ».

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Pourtant, tous rejoignirent au plus vite le siège du journal, et acceptèrent la décision du directeur  Omi Kôichi : il faut continuer la mission d’information locale du journal, en allant recueillir les nouvelles qui intéressent la population locale.

Les rotatives ne fonctionnent plus ? Qu’à cela ne tienne ! Le journal sera édité « à la main » et placardé sur les murs de la ville !  Après 99 ans d’existence, le journal ne pouvait pas se taire soudainement,  alors le directeur a décidé de « sélectionner les informations indispensables à la population et les leur transmettre ».

6 exemplaires de « Ishinomaki Hibi Shimbun »  furent ainsi entièrement réalisés à la main… A l’opposé des quotidiens nationaux qui couvraient l’événement de façon globale, « Ishinomaki Hibi Shimbun » apportait à la population des informations locales très concrètes et précises. Ces journaux entièrement manuscrits étaient placardés sur des murs, et très vite les habitants d’Ishinomaki, comme les réfugiés du tsunami, avides d’informations concrètes, justes et précises,  se précipitèrent pour lire les nouvelles diffusées.

Le directeur du journal avoue ne pas avoir été préparé à une telle situation, mais il constate que faire des journaux manuscrits suite à l’impossibilité  de faire autrement n’était que la suite logique de la ferme volonté de remplir la  « mission d’information auprès de notre région ». Total respect envers cet homme et son équipe qui a totalement adhéré à cette mission !

« Pour des actions fondées sur des informations exactes », telle est la devise écrite à la main sur les journaux placardés dans la ville.

Après 99 ans d’existence, le journal « Ishinomaki Hibi Shimbun »  ne pouvait pas se taire…il devait continuer sa mission d’information, fort de la confiance que le peuple de la région lui donnait.

Involontairement, poussé par les évènements, le journal a ainsi renoué  avec l’ancestral moyen de communication : l’affichage d’informations, placardées sur les murs. Certains y voient un signe, une sorte de retour aux sources, un message qui oppose l’information essentielle à l’information superflue.

A mon avis, il faut y voir un grand sens du devoir et un énorme élan de solidarité, un sens de l’intérêt du « groupe », quitte à sacrifier l’intérêt individuel (certains journalistes du journal écrivaient des articles sans avoir d’informations de leur propre famille).

Totale admiration, et  longue vie à « Ishinomaki Hibi Shimbun » et à ses salariés.

 Cette histoire est détaillée dans le supplément de Zoom Japon (mars 2012 , http://www.zoomjapon.info/index.php), mensuel distribué gratuitement à Paris.  Le fascicule s’intitule « La Mission, hommage au quotidien Ishinomaki Hibi Shimbun ».

Quelle leçon de vie !

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Zoom Japon en collaboration avec Espace Japon, avec le soutien du Musée Guimet, organise l'exposition des 6 journaux muraux accompagnés de photos prises par le Français Eric Rechsteiner pour illustrer le contexte dans lequel la petite équipe de ce journal a travaillé (http://www.guimet.fr/fr/expositions/expositions-a-venir/journaux-muraux-realises-par-le-quotidien-ishinomaki-hibi-shimbun).

Voici la présentation qui est faite de cet exposition au musée Guimet du 10 mars au 15 avril 2012 :

« L'initiative de  l'Ishinomaki Hibi Shimbun est extrêmement célèbre dans tout le Japon et a alimenté le débat autour du rôle des médias en temps de crise majeure. Zoom Japon, avec le soutien du Musée Guimet, organise l'exposition de ces journaux muraux accompagnés de photos prises par le Français Eric Rechsteiner pour illustrer le contexte dans lequel la petite équipe de ce journal a travaillé. »

Cet événement a pour ambition de rendre hommage à cette remarquable initiative et de souligner le rôle de la presse écrite dans les situations exceptionnelles (http://www.expoishinomaki.com/).

A ne pas manquer, pour ceux qui auraient la chance de pouvoir passer à Paris entre le 10 mars et le 15 avril 2012 !

Pour tous, voir ci-dessous les photos prises lors de notre visite du 31 mars 2012.

Le 16 mars 2012

Oriibu


Complément: photos prises le 31 mars 2012 (musée Guimet, exposition Ishinomaki Hibi Shimbun )

 

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Visite à compléter par l'exposition de buddhas:

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Et terminer par une promenade dans le jardin japonais!

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07 mars 2012

Une héroïne à Minamisanriku

 

Minamisanriku… ville martyre du tsunami du 11 mars 2011… Des milliers de morts et disparus, emportés par la vague dévastatrice qui fit suite au tremblement de terre de magnitude 9  dont l’épicentre se trouve seulement à un peu plus de cents kilomètres de là, dans les profondeurs de la mer.

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Dans ce désastre, un héros est né le jour même où il est mort. Une héroïne plus précisément…

Miko Endo, jeune employée de 24 ans dans le « Centre de Gestion de Crise » est la voix qui pendant plus d’une demi-heure cria dans le haut-parleur du centre afin d’inciter les habitants de la ville à fuir et se protéger vers les hauteurs : « s’il vous plait, fuyez vite… ». Jusqu’au dernier moment, elle resta à son poste au 1er étage du centre de Gestion de Crise, même quand son chef et ses collègues la supplièrent de venir  se réfugier avec eux sur le toit de l’édifice.

Entendre la voix de Miko Endo : http://www.good.is/post/heroes-hear-the-voice-of-the-young-heroic-woman-who-saved-thousands-of-lives/

Quand la vague monstrueuse est arrivée, elle a dévasté le bâtiment, défonçant le bardage et tordant les poutres métalliques comme des fétus de paille. Miko a disparu, emportée par cette vague d’eau noirâtre. La vague dépassa de 2 ou 3 mètres le bâtiment, et même les pompiers réfugiés sur le toit furent emportés, à part quelques rares chanceux qui purent s’accrocher et résister au déferlement.

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Cette histoire, Yoko me l’a raconté sur place, devant l’autel  bouddhiste dressé au pied du bâtiment dévasté, et je voulais depuis longtemps en faire un article quand j’ai découvert qu’elle était le fil conducteur d’un reportage diffusé sur Arte le 6 mars 2011. Très bon reportage, poignant, où on voit les lieux du drame et la vie qui reprend progressivement à Minamisanriku.

le reportage d'Arte: http://videos.arte.tv/fr/videos/minamisanriku_la_ville_engloutie-6449294.html

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 On y voit les parents de Miko Endo, désespérés … Ils ont entendu leur fille criant dans le haut-parleur de fuir, et ils ont fui… Elle leur a sauvé la vie, comme à des milliers d’autres habitants de Minamisanriku, mais elle est restée et elle est morte… Le corps de Miko ne fut rendu par la mer que plusieurs semaines plus tard, et ces parents n’ont pu l’identifier que grâce à un bracelet brésilien qu’elle portait à la cheville.

Le reportage d’Arte montre la ville dévastée, reprenant vie petit à petit, grâce à la volonté de quelques individus, entrepreneurs recréant leur chantier naval ou usine, sans attendre les décisions ou subventions des autorités, décidément trop lentes à prendre des décisions.   

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Il reste les débris à déblayer… Le maire de Minamisanriku ne veut pas aller trop vite. Il y a encore 400 disparus, et leurs corps sont peut-être dans ces débris, il convient donc de prendre le temps nécessaire pour les trier méthodiquement.

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Reconstruire ? Le maire est en attente des décisions du gouvernement. Probablement, il sera impossible de reconstruire des habitations au niveau de la mer, et ce sera très dur pour de nombreux japonais qui espèrent retrouver rapidement leur vie d’ »avant le tsunami ».

Peut-être faut-il respecter les stèles ancestrales qui préconisent de ne pas bâtir au-delà d’une certaine limite ?

Ganbate !

Courage aux habitants de Minamisanriku… Notre solidarité envers eux est totale !

Miko Endo est entrée dans le patrimoine historique du Japon. Son courage a permis de sauver des centaines ou milliers de vie. Le Japon et l’humanité lui en seront éternellement reconnaissants.

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Le 7 mars 2011

Oriibu

(photos décembre 2011, © Oriibu)

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02 mars 2012

11 mars 2011: j’ai pensé que c’était le meilleur jour de ma vie...

En septembre 2011 une lycéenne japonaise a raconté « à la réunion DAVOS . » ce qu’elle a vécu lors du tsunami du 11 mars 2011 :

(Ce texte poignant est traduit de  http://extras.jp.msn.com/supportjapan/rebuild_nippon/article.aspx?cp-documentid=5710273 , traduction non littérale, nous espérons que l'esprit du texte est conservé)

 

Ce jour-là, c’était la cérémonie de sortie du collège, et j’ai pensé que c’était le meilleur jour de ma vie.

A peine de retour à la maison, il y a eu un séisme. Je n’avais jamais connu un tremblement de terre aussi fort. L’électricité a été coupée et seul mon téléphone portable me donnait des informations. Mais c’était déjà trop tard : le tsunami a « avalé » ma maison et ma famille en un instant dans un bruit infernal.

J’ai été emporté par une eau noire chargée de débris. Dans ma tête, plein de choses ont défilé : je meurs,  j’ai voulu m’habiller de mon costume de lycéenne. Après,  quand j’ai pu sortir de ce flot et me dégager des débris,  j’ai entendu ma mère qui m’appelait sous les débris.  

Quand je les ai enlevés, j’ai trouvé ma mère avec des clous et des morceaux de bois dans son corps , la jambe cassée.  Elle ne pouvait pas bouger et sortir de là, à cause de sa jambe droite qui était coincée. J’ai essayé de tout dégager mais ce n’était pas possible. C’était trop lourd et trop grand pour que j’y arrive toute seule.

Je voulais la sauver, mais me sauver aussi…  et il y avait encore le risque que le tsunami m’emporte et me tue.  Je la sauve ou je m’échappe… J’ai choisi ma vie. C’est ce choix qui me fait pleurer encore sans arrêt. Je lui ai dit plusieurs fois « merci » et « je t’aime » quand je suis partie.

Ce fut très dur de la quitter en l’entendant me dire « ne pars pas ». Je voulais lui dire beaucoup d’autres choses, et je pense qu’il n’y aura rien de plus dur dans ma vie.

Ensuite, j’ai nagé pour rejoindre l’école primaire et je m’y suis reposée la nuit.

Après tout ce que j’ai vécu ce jour-là, j’ai voulu mourir. Pourquoi la vie est si dure que ça ? J’ai pleuré plusieurs fois en pensant à ma famille, j’ai perdu plein de choses inestimables à cause de cette catastrophe.

Mais il y a aussi des choses que j’ai gagné, et puis je pense que je peux progresser encore. Cela dépend de moi. Pour les autres, je ne suis qu’une pauvre lycéenne, mais je ne pense pas que je sois juste ça. J’ai mon grand-père et ma grand-mère. J’ai des amis qui  peuvent m’aider quand je suis triste. J’ai la chance de cette expérience. Et j’ai acquis la confiance en moi-même : désormais je peux tout surmonter. Et aussi, je peux comprendre le traumatisme qui peut toucher quelqu’un.

J’ai donc pour projet de faire un métier pour aider les enfants ayant eu un choc comme moi. Et je veux aussi participer à des actions internationales pour aider après une catastrophe, de façon à rendre le bienfait aux pays qui nous ont aidés.

Il y aura encore de durs moments, mais j’ai trouvé ce que je peux faire en étant utile aux gens, et ainsi je peux trouver une raison de vivre après avoir tout perdu.

 

 texte traduit et édité le 2 mars 2012,

Yoko et Oriibu

 

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05 février 2012

Noël 2011 à l'école d'Okawa... Paix aux âmes envolées...

 

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Un sapin de Noël, le 30 décembre 2011, dressé dans une école dévastée par le tsunami du 11 mars 2011...

Pas de cris de joie autour de cet arbre, tous les enfants de l'école sont morts, emportés par la vague dévastatrice...

Emotion, larmes...

Cette école se trouvait dans le village d'Okawa, sur la côte de Sendai.

74 enfants sont morts avec leurs enseignants, 4 corps sont encore manquants... Les familles cherchent encore dans les décombres des environs...

Un autel a été monté face à l'école, et les familles y déposent des objets familiers, des boissons, de la nourriture...

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Paix aux âmes emportées par le tsunami du 11 mars 2011.

 

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16 janvier 2012

Les petites escapades (Chiisana Tabi)

 

 

Les petites escapades (Chiisana Tabi)

 

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(Association japonaise « boshi syumatsu hoyo project »,  qui organise des week-ends santé pour les mamans et enfants de la région de Fukushima)

 

Voici une traduction du texte de présentation de cette association et de son action. La traduction n’est pas littérale et a été particulièrement difficile, mais nous avons essayé de conserver « l’esprit » du texte original :

 

« L’accident nucléaire de Fukushima nous fait peur et nous peine profondément, mais il nous faut quand même avancer et faire briller l’espoir, car il y a beaucoup d’enfants concernés.

Nous souhaitons que les enfants puissent vivre dans l’amour, connaître les joies de l’amitié et avoir confiance dans la beauté du monde. C’est là qu’est notre avenir.

C’est en organisant des petites escapades pour ces enfants qu’on atteindra notre but.

 

Résumé du projet :

 boshi

 

L’objectif est d’aider physiquement et mentalement les enfants et  les mamans qui ne peuvent pas quitter (pour différentes raisons) la région de Fukushima pourtant contaminée. L’association leur permet de partir le week-end en escapade et de loger dans la préfecture de Miyagi, comparativement moins contaminée.

 

Les mères des petits enfants qui ne peuvent pas se réfugier dans une autre région sont autant préoccupées par le côté mental que par le côté physique. Notre programme consiste à prodiguer des conseils et des soins psychologiques à ces mamans dans un endroit où elles peuvent parler et partager leurs sentiments sereinement et sans crainte.

 

Il y a aussi du yoga et de la gymnastique pour détendre les corps, de l’aromathérapie, des petits concerts, des ateliers musicaux, etc…  En adaptant ces activités, on soigne le corps et l’esprit.

Nous enseignons également les gestes de la vie quotidienne pour se protéger de  la radioactivité.

 

Nous créons une ambiance permettant aux enfants de jouer sans aucun souci, nous cuisinons des aliments sains leur permettant de se nourrir sans appréhension. Comme thérapie artistique, des puériculteurs font des activités créatives et musicales.

 

En règle générale, il y a maximum 8 groupes, permettant ainsi aux mamans et aux enfants de bien profiter des activités, sans stress, dans une ambiance calme et rassurante. »

 

Organisateur : boshi syumatsu hoyo project « chiisana tabi japan »

 

Petit lexique :

 

boshi = maman et enfant

Syumatsu = week-end

Hoyo = soin

ð  boshi syumatsu hoyo project = Association pour des Week-End de soins pour les mamans et enfants

 

Chiisana = petit

Tabi = voyage

ð  Chiisana tabi = escapade

 

Le site de « boshi syumatsu hoyo project,  chiisana tabi japan » : URL://www.chiitabi.com/

 

  

Action de l’ADAKI :

 Pour aider cette association, l’ADAKI vous propose d’acheter un badge “We Save The Children from the radioactivity”. Nous en avons reçu 70, qui seront proposés aux pratiquants de kendo à l’occasion du stage régional qui a lieu à Blois les 28-29 janvier 2012, où nous aurons l’honneur de recevoir l’expert japonais de kendo Takeyoshi Takayuki sensei.

 

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Le geste à faire est de 3€ pour avoir un des 3 modèles de badge existant. Bien entendu, rien ne vous empêche d’acheter plusieurs badges et de les payer plus de 3€ !  La somme récoltée sera bien sûr entièrement reversée à «chiisana tabi ». 

 Par ce geste modeste, nous espérons aider à réchauffer le cœur des sinistrés de Fukushima.

Nous pensons à eux et à ceux qui les aident.

 

 Le site de “We Save The Children from the radioactivity”: http://ntpj.exblog.jp/

 

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10 janvier 2012

Coup de gueule contre une anti-solidarité honteuse!

 

Coup de gueule…

Anti-solidarité… c’est le mot qui me vient à l’esprit quand je lis l’article « Le Louvre de plus en plus (radio) actif au Japon » publié sur http://www.latribunedelart.com/le-louvre-de-plus-en-plus-radio-actif-au-japon-article003486.html.

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Je crois comprendre que l’auteur de l’article est un grand expert en art… Mais je ne vois qu’un être égoïste, dont la vision du monde est complètement anesthésiée par une passion sans doute débordante pour des couches de peinture apposées les unes sur les autres… Totalement indifférent à la joie naïve et ingénue de spectateurs non professionnels devant des œuvres d’art…

Oui, l’auteur semble oublier que des spectateurs qui n’ont pas un bac + 8 en étude de l’art peuvent trouver un plaisir dans la contemplation d’œuvres d’art… Sous prétexte qu’il n’y aurait pas de « thème » précis à une exposition, le quidam moyen serait inapte à apprécier un tableau de maître…

Et quand ce quidam est un japonais, vivant dans une région dévastée par un tremblement de terre, un tsunami et une catastrophe nucléaire… cela semble devenir une circonstance aggravante pour l’auteur de cet article !

Pourtant, quel autre message de paix, de solidarité et de compassion peut envoyer la France au Japon en proposant une exposition d’œuvres d’art provenant du Louvre ?

Quelle bassesse l’auteur de l’article émet-il en osant évoquer les risques radioactifs que subissent les tableaux de maîtres…. Quelle impudeur, quelle honte !! « Effets radioactifs sur des natures mortes » vs « effets radioactifs sur des êtres vivants »… !! Quelle comparaison !!

Et pire, le risque de tsunami… Quelques croûtes seraient emportées par les eaux ? Quelle comparaison faire avec les vies et activités que ces eaux emporteraient ?? Rassurons l’auteur de l’article, personne (à part lui peut-être) ne s’inquièterait de la disparition  des  « Trois Grâces supportant l’Amour » en comparaison des dizaines de milliers de vie que peut emporter un tsunami…

Alors oui, je l’affirme : on s’en fout que le thème de cette exposition paraisse incongrue à un expert en art confiné dans son bureau parisien.

Pour moi, ce thème paraît particulièrement opportun : « Rencontre, Amour, Amitié, Solidarité dans les collections du Louvre »… voilà qui est particulièrement approprié pour réchauffer le cœur de nos amis japonais sinistrés, en leur montrant que la France, via son musée mythique « Le Louvre », est solidaire de la tragédie qui les a touché ce 11 mars 2011…

Dieu sait que les japonais savent apprécier pleinement une œuvre d’art ! Dieu sait qu’ils seraient profondément affectés par des réticences liées à la situation qu’ils vivent…

Je rêve de voir les yeux émerveillés de japonais devant les « trois grâces supportant l’amour », car je sais que leur regard et leur cœur sait en saisir tout l’esprit… J’imagine les queues bien sages devant les tableaux de maîtres.

« Solidarité » n’est pas un vain mot… Alors si l’auteur de l’article « Le Louvre de plus en plus (radio) actif au Japon » n’en saisit pas tout le sens en privilégiant des intérêts poussiéreux et/ou catégoriels ,

 je ne peux que soutenir modestement l’initiative du Louvre pour cette exposition itinérante dans les régions sinistrées par le tsunami et la catastrophe nucléaire : Morioka, Miyagi, Ibaraki, Tochigi et  Fukushima.

J’en reviens, je peux affirmer que les japonais sont particulièrement sensibles aux messages de solidarité que peuvent émettre les autres nations…

Solidarité avec le Japon.  Kizuna pour Tôhoku (https://www.facebook.com/groups/kizuma.pour.tohoku/ )

A+

Le 10 janvier 2012

Oriibu

PS : aucune haine envers Didier Rykner, auteur de l’article « Le Louvre de plus en plus (radio) actif au Japon » publié sur http://www.latribunedelart.com/le-louvre-de-plus-en-plus-radio-actif-au-japon-article003486.html ; juste une furieuse envie de m’expliquer avec lui devant une bière Asahi !

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07 janvier 2012

Penser à Tôhoku (Et la côte Est du Japon touchée par le tsunami du 11 mars 2011)

 

Le 30 décembre 2011, après un dîner passé avec des amis à Sendai, et après que nous ayons écouté le récit de ce qu’ils ont vécu depuis le jour fatidique du tsunami du 11 mars 2011, j’ai posé la question « que peut-on faire pour Sendai et sa région? ». Notre hôte m’a tout de suite répondu : « D’abord, penser à notre région ». Et pour cela, a-t-il rajouté, il faut en parler.

« Il faut que tu en parles en France », a-t-il précisé en me regardant droit dans les yeux.

 

En effet, 9 mois après le tremblement de terre de magnitude 9 du 11 mars 2011 et le terrible tsunami qui a suivi, les effets catastrophiques du raz-de-marée qui a dévasté la côte Est du Japon  sont encore bien présents. Sur toute la côte, les pelleteuses sont  toujours en activité pour ramasser les débris des milliers de maisons et bâtiments réduits en miettes, et les regrouper en montagnes de bois et ferrailles dont personne ne sait encore quoi  faire.

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  Sur le plan humain, la catastrophe est moins visible mais totalement palpable… Beaucoup de corps n’ont pas été retrouvés parmi les 25.000 morts ou disparus. Ça et là dans les ruines, des autels bouddhistes sont dressés pour permettre aux vivants de se recueillir en mémoire des victimes.

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Des milliers de personnes ont tout perdu, famille, habitation, biens et travail, et elles sont aujourd’hui logées dans des baraquements provisoires, souvent très loin de leur village d’origine, sans savoir ce que sera vraiment leur avenir.

Toutes ces  tragédies humaines dépassent parfois l’entendement, et je peux vous dire que sur place,  l’émotion ne peut que vous envahir devant ce qui reste des villages : le tracé de rues défoncées, les parpaings traçant au sol l’emplacement de maisons disparues, quelques bâtiments en béton renversés sur le côté ou tenant encore debout bien que détruits sur 1 ou 2 étages…

Même si les débris ont été évacués, cette vision  de désolation est particulièrement émouvante, et on ne peut que faire le rapprochement avec les images d’Hiroshima dévastée par la bombe atomique en 1945...

 

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Sur le plan économique, les usines qui étaient en bord de mer ont été ravagées et si quelques-unes d’entre elles ont pu reprendre une activité (parfois dans des locaux prêtés par une autre entreprise, ou dans des conditions très précaires), beaucoup d’autres sont encore en reconstruction ou à l’état d’abandon.  Et pas d’usine ou d’atelier veut dire pas de travail pour beaucoup d’habitants de la côte.

 

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Quant à la flotte de bateaux de pêche, elle a bien sûr été touchée de plein fouet en étant en grande partie détruite. De toute façon, les navires qui restent sont amarrés à quai en raison de la radioactivité des poissons de la région, suite à la catastrophe de Fukushima.  

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Car voilà l’autre problème qui se présente pour la région de Tôhoku* (région Nord-Est de l’île de Honshû, île principale du Japon, dans laquelle se trouve Sendai et sa côte) : les retombées de la radioactivité due aux fuites de la centrale nucléaire de Fukushima.

Tout le monde sait que la centrale a également été très gravement  touchée par le tsunami, et que si le pire a été évité de justesse, des dégâts ont déjà eu lieu en polluant les eaux et terres de la région.

On peut parler de catastrophe nucléaire, même si nul ne sait vraiment quel est le vrai degré de gravité. Certains craignent la sortie de l’hiver et la fonte des neiges qui risque de répandre la radioactivité bien au-delà de la zone actuellement circonscrite. Et d’ores et déjà, il faut se préoccuper des personnes sensibles qui ont été ou seront impactées par la radioactivité : femmes enceintes, jeunes enfants, personnes fragiles…

 

Tout cela, il ne faut pas l’oublier. Une actualité chasse l’autre dans nos esprits, beaucoup d’autres évènements nationaux ou planétaires sont intervenus depuis le tsunami du 11 mars 2011, mais la situation sur place n’est absolument pas réglée.

Alors, il ne faut pas oublier Tohôku.

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Au Japon, la solidarité joue : dans les aéroports, dans les villes, dans les bus, partout, des affiches invitent à ne pas oublier cette catastrophe. A la télévision, des émissions analysent en permanence le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars, tiennent informé de la situation à Fukushima. Je ne suis pas en mesure de dire si l’information diffusée est sincère ou tente de minimiser le problème, mais il est sûr que c’est une préoccupation bien ancrée dans le pays.

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Bien sûr, la vie a repris pleinement dans tout le Japon, et malgré les nombreuses associations ou initiatives individuelles (des milliers de bénévoles venus de tout le Japon sont venus aidés les sinistrés), les habitants de la côte de Sendai se sentent un peu perdus et oubliés.

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En effet, quel contraste entre la côte et la ville de Sendai. L’une est dévastée et présente encore un paysage de désolation, l’autre a effacé tous les stigmates du tremblement de terre et a retrouvé (presque) tous ses fastes « consuméristes ».

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 Le gouvernement japonais semble  à la traîne dans la gestion d’après-crise, mais les japonais n’attendent pas tout du gouvernement. Des bénévoles interviennent pour aider les sinistrés, mais le mouvement n’est pas aussi général qu’on pourrait le souhaiter. Les entreprises essaient de rouvrir, de trouver les financements nécessaires pour fournir du travail à tout ou partie de leurs employés.

 

En France, la première vive émotion passée, je crois que la plupart des gens pensent que tout est rentré dans l’ordre au Japon. C’est bien entendu complètement faux. Beaucoup de français se disent  que le Japon est un pays suffisamment riche pour « régler » le problème tout seul. C’est vrai que le Japon est un pays riche (bien que touché aussi par la crise économique mondiale), mais cela ne doit pas nous dédouaner de tout effort de solidarité. Une solidarité qui ne coûte pas forcément cher : penser au Japon. « Pray for Japan » (prier pour le Japon), comme il est affiché un peu partout dans ce pays.

Quelle que soit notre religion ou absence de religion, on peut prier ou penser au Japon et aux japonais qui ont vécu cette catastrophe et vivent en permanence avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Les japonais, peuple spirituel et pacifique, sont particulièrement sensibles aux pensées et attentions des autres habitants de la planète Terre…  

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Alors pour tenir ma promesse de « parler de Sendai et sa côte, de la région de Tohôku touchée par le tsunami et la catastrophe de Fukushima », j’ai écrit cet article et j’ouvre un groupe facebook  pour tenir informé ceux qui le souhaitent de la situation à Sendai et sur la côte Est du Japon, touchée par le tsunami du 11 mars 2011.

Le groupe s'appelle "Kizuna pour Tôhoku": "kizuna" signifie "solidarité", et "Tôhoku" est la région Nord-Est du Japon, touchée par le tsunami et les retombées de la catastrophe de Fukushima.

Le lien est: https://www.facebook.com/groups/124988210954041/ ; N'hésitez pas à vous abonner à ce groupe pour montrer votre solidarité et rester informé de l'actualité .

Cette page facebook  a aussi pour vocation d’aider toute initiative ou action permettant d’aider cette région. N’hésitez pas à y apporter votre contribution.

Le blog http://kizunatohoku.canalblog.com/ reprendra ici les articles ou commentaires spécifiques.

 

Pour aider Tôhoku, il faut déjà penser à Tôhoku, et pour cela il faut en parler, pour ne pas oublier.

 

le 7 janvier 2012,

Olivier de Lataillade

 

(photos prises en décembre 2011 à Sendai, Ishinomaki et les villages de la côte de Tôhoku, préfecture de Miyagi) 

(album photo complet: http://kizunatohoku.canalblog.com/albums/cote_de_sendai__decembre_2011/index.html )


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*  La région de Tōhoku est une région du Japon. Tōhoku signifie nord-est en japonais ; cette région couvre en effet le nord-est de l'île de Honshû, l'île principale du Japon. Cette région est formée de six préfectures : Akita, Aomori, Fukushima, Iwate, Miyagi, Yamagata. (extrait de wikipédia)

Posté par adaki à 20:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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